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En tant que proches, protégez-vous aussi du burn-out

Mis à jour : avr. 14


Vous vous inquiétez pour un proche qui semble épuisé. Il présente selon vous des symptômes de burn out mais ne semble pas l’entendre ?


Sachez que le burn out d’un proche peut également vous épuiser.


Si vous remarquez une personne de votre entourage présentant des symptômes d’épuisement (https://www.preventionburnout74.fr/le-burn-out), vous pouvez mettre en place un certain nombre de comportements pour elle mais également pour vous-mêmes. En effet, vous pouvez laisser toute votre énergie à vouloir la protéger du pire et vous ne serez plus d’aucune aide.


En voulant bien faire, il se peut que vous vous placiez comme « proche-aidant » et puissiez vivre un sentiment d’impuissance si la personne sombre malgré vos efforts d’aide.

En effet, la personne en processus de burn out va traverser plusieurs phases qui sont inhérentes au syndrome :


Déni :


Tout d’abord, il se peut qu’elle ne voit pas toujours les signes d’alarme que vous percevrez probablement avant elle et ne réalise pas forcément son état. Elle peut même mal prendre une remarque qui se voulait bienveillante de votre part.

Malgré elle, elle peut occulter une forme de souffrance installée depuis plusieurs mois et poursuivre comme si de rien n’était. Il s’agit du déni de sa souffrance, un symptôme bien connu des personnes en pré-burn out.


Phase d’adaptation :


En effet, le burn out est un syndrome complexe qui se manifeste de façon progressive ou brutale, selon la personne et selon la clarté de ses symptômes précurseurs.

La phase d’adaptation au stress que traverse l’individu peut même être très « stimulante » sans mauvais jeu de mot : le cortisol sécrété en masse peut donner une sensation d’être « boosté-e » et de pouvoir tout réaliser, au-delà des capacités normales de tout un chacun.


Si l’activité professionnelle ou personnelle plait, car elle répondait initialement à des valeurs fortes pour l’individu, ses croyances le persuadent qu’il est à la bonne place et destiné à ses missions, quel qu’en soit le prix. Si la charge de travail et la charge mentale s’installent progressivement, la personne ne va pas forcément voir à quel point son besoin d’adaptation devient très coûteux pour elle et son entourage ; elle se sur-adapte. Il est bien reconnu aujourd’hui que les personnes les plus touchées par le burn out ont des résistances au stress au-dessus de la moyenne et viennent chercher au plus profond de leur réserve pour faire face, jusqu’à ce que la « batterie » ne se recharge plus.


Un sentiment de détresse, de solitude, d’isolement peut l’envahir au travail comme à la maison. Elle peut vous paraître différente, plus distante, moins investie dans ses relations. A la maison, la famille peut en pâtir, en particulier les enfants. Vous souhaitez combler ce désinvestissement et vous sentez la fatigue vous gagner également.


Cet état ne va pas favoriser d’emblée l’ouverture à la confidence de la part de votre proche. Il s’installe chez elle ou lui une certitude que personne ne peut comprendre ce qui se joue. Enfin, la honte freine parfois les rapports.


Un déséquilibre s’installe


En tant que proche, vous allez également passer par plusieurs phases :

Selon Catherine Vasey, psychologue lausannoise, vous pouvez connaitre une phase d’usure si vous entrez dans le rôle de « proche-aidant ». Pour toutes les raisons citées précédemment, à pallier le désinvestissement de la personne épuisée, vous prenez le risque de vous épuisez vous-mêmes. Bien sûr, dans une situation où votre proche a besoin de repos, votre rôle est différent.


Le déséquilibre s’installe si vous prenez à votre compte, tous les dysfonctionnements qui découlent d’une sur adaptation au stress de l’autre personne.

En faisant face à des sentiments multiples comme l’impuissance ou la déception, vous pouvez probablement entrer dans une phase de rejet, où les liens de confiance sont altérés. Le découragement vous gagnera. Le rejet sera votre mécanisme de défense. L’irritabilité, l’agressivité, le déni de la personne en burn out peut vous blesser voire vous décourager complètement.


La qualité de la relation devra être prise en compte dans la phase de réparation, qui sera celle du proche mais également la vôtre. Car une fois que la personne en burn out prend conscience de son état et accepte de se faire aider, les liens peuvent être déjà bien impactés.


Votre connaissance des diverses phases va vous aider à réparer cette relation pour mieux vous soutenir mutuellement. Prendre du recul, instaurer une communication transparente et bienveillante permet de poser un vécu difficile de part et d’autre et d’envisager de reconstruire un nouveau lien.


Aider un proche :


Il existe des possibilités d’aider un proche en burn out tout en se protégeant soi-même de l’épuisement :


  • Limiter les fausses idées : Tout d’abord, il est utile de se renseigner sur le burn out ce qui permet de limiter les fausses idées sur le sujet et de renforcer la personne dans son isolement. Par exemple, le burn out n’est pas un signe de faiblesse, bien au contraire. Pour les raisons citées au-dessus, c’est une sur adaptation à une situation de stress prolongée et hors norme.


Il ne s’agit pas non plus d’une dépression. C’est un épuisement avant tout physique, qui peut avoir des répercussions psychiques si la personne n’est pas accompagnée thérapeutiquement dans son rétablissement. Cependant, un burn out qui s’éternise et n’est nullement accompagné peut laisser place à une dépression.


En tant que proche, il est d’ailleurs conseillé de faire un travail sur soi, sur ses jugements, avant d’écouter la personne en souffrance.


Ainsi, informez-vous sur le burn out et les risques et partagez vos connaissances avec votre proche (oralement, par des brochures, des partages d’articles mais sans l’inonder). Faites-lui part de vos observations à son sujet.

  • Offrez des temps d’échanges : un café, une sortie, un film… ne réagissez pas négativement à son refus. Vous reviendrez plus tard.


  • Prenez soin de vous : prenez du recul, occupez-vous de vous. Votre empathie et votre écoute risquent d’être affectées avec le temps si vous ne cherchez pas à récupérer votre énergie et à vous octroyer des espaces de respiration. Le burn out d’un proche demande de l’endurance. Le temps de reconstruction peut être long.


  • Privilégiez le pas à pas : les projections que vous faites et qu’il peut faire lui-même ne tiennent pas toujours compte de la chronologie des faits. Plus l’installation du burn out a été longue, plus la récupération physique et psychique le sera.


  • Le temps de réhabilitation du corps n’est pas celui du psychique ni celui des fonctions neurologiques, si elles ont été affectées (problèmes de concentration, troubles de la mémoire etc).


  • Soyez patient par rapport au temps de la reconstruction : le temps de la réhabilitation varie considérablement d’une personne à l’autre et les perceptions varient inexorablement avec le temps. Il est évident qu’il y a un avant et un après burn out, pour la personne concernée et pour ses proches. Le changement ne doit pas inquiéter. Il peut s’accueillir dans le respect de nouvelles prises de conscience. Comment envisager le retour au travail, les relations personnelles, le temps libre, la prise en compte de sa santé ? Ces questions doivent faire leur chemin tranquillement.


  • Encourager la personne à être accompagnée par un tiers : La perception que la personne a de sa relation au travail, à sa famille, à elle-même, va évoluer avec le temps et peut lui faire prendre des décisions précipitées. Lui expliquer la nécessité de se faire accompagner par un thérapeute ou un coach et de prendre le temps nécessaire à visiter ses peurs et ses propres limites, est primordial. Car le burn out affecte presque toujours la confiance en soi. Lui rappeler de protéger ses piliers (famille, conjoint-e, amis, thérapeute, collègue…) qui la maintiennent en équilibre en période de récupération est un sage conseil. Car l’isolement total est à proscrire.


  • S’écouter : n’hésitez pas à exprimer le fait que vous ne pouvez pas aider la personne dans les moments où cela vous semble trop difficile, si vous êtes par exemple submergé-e par vos émotions.


Il existe des outils accessibles et adaptés à la gestion du stress comme la cohérence cardiaque que vous pouvez découvrir ICI.


Ces outils sont une manière de se protéger des effets du burn out de manière générale et de réinventer des relations plus équilibrées dans un contexte d’adaptation ou de reconstruction.


Le Collectif Prévention Burn Out organise des groupes de parole qui accueillent également des proches. Ces groupes se veulent des espaces bienveillants d’écoute et de partage, propices au soutien mutuel et à l’échange de solutions. N’hésitez pas à faire appel à nous ou à des associations et institutions qui proposent ce genre de rencontre.



Article rédigé par Gwenaëlle SIDIBÉ, Formatrice pour adultes, Vice-Présidente du Collectif de Prévention du Burn-Out


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