Vous avez sûrement déjà entendu qu’il ne faut pas monter une mayonnaise, se laver les cheveux ou toucher des plantes vertes pendant vos menstruations. 🌿 Si ces légendes urbaines prêtent à sourire, elles cachent une réalité plus complexe : il existe de vrais comportements à risque et de fausses croyances limitantes.
Le problème, c’est que les moteurs de recherche mélangent tout. On y trouve pêle-mêle des risques mortels (comme le syndrome de choc toxique) et de simples conseils de confort. Pour y voir clair, nous avons trié le vrai du faux. Voici les 10 choses à ne pas faire pendant les règles, classées non pas par rumeur, mais par gravité médicale et impact sur votre bien-être.
Les infos à retenir (si vous n’avez pas le temps de tout lire) :
- 🦠 La règle d’or : Ne jamais garder un tampon ou une coupe plus de 6 heures (risque infectieux grave).
- 🧼 L’hygiène : Lavez-vous les mains AVANT de changer de protection, pas seulement après.
- 💊 La douleur : Prenez un anti-inflammatoire dès le début des symptômes, n’attendez pas d’avoir trop mal.
- 🏋️♀️ Le mouvement : Ne restez pas immobile, le sport doux réduit les douleurs de 30 %.
- 🛑 Les fausses alertes : Les bains, l’épilation et les rapports sexuels ne sont pas interdits médicalement.

Sécurité et Hygiène : Les 3 erreurs qui présentent un risque réel
Commençons par le non-négociable. Ici, on ne parle pas d’inconfort, mais de votre santé. Si vous cherchez 10 choses à ne pas faire pendant les règles, ces trois premiers points sont les seuls qui présentent un danger biologique documenté.
1. Garder un tampon ou une coupe menstruelle plus de 6 heures
C’est l’erreur la plus critique. On pense souvent qu’on peut garder une protection tant qu’elle n’est pas pleine. C’est faux. Le risque n’est pas le débordement, mais la stagnation du sang qui favorise le développement du staphylocoque doré.
Des recherches récentes (notamment celles compilées par l’Inserm) montrent que le risque de Syndrome de Choc Toxique (SCT) double lorsque le temps de port dépasse 6 heures. Ce risque triple au-delà de 8 heures. Même si votre flux est léger en fin de cycle, ou que votre rythme menstruel s’emballe un peu ces derniers temps, la règle reste la même : changez votre protection interne ou videz votre coupe toutes les 4 à 6 heures maximum. La nuit, privilégiez systématiquement les serviettes ou culottes menstruelles.
2. Utiliser des produits parfumés ou faire des douches vaginales
Votre vagin est autonettoyant. L’introduction de produits parfumés (lingettes, tampons odorants) ou la pratique de la douche vaginale (nettoyer l’intérieur du vagin avec de l’eau ou du savon) est une attaque directe contre votre flore.
Ces pratiques modifient le pH vaginal et détruisent les « bonnes » bactéries (lactobacilles). Résultat ? Vous ouvrez la porte aux mycoses et aux vaginoses bactériennes. Contentez-vous d’une toilette externe à l’eau et au savon doux non parfumé.
3. Se laver les mains uniquement APRÈS le changement
C’est un réflexe classique : on va aux toilettes, on change sa protection, puis on se lave les mains. C’est insuffisant.
Vos mains sont des vecteurs de germes. En manipulant un tampon ou une coupe menstruelle avec des mains non lavées, vous introduisez des bactéries extérieures directement dans votre muqueuse vaginale à un moment où le col de l’utérus est légèrement plus ouvert. La règle sanitaire est stricte : lavage des mains à l’eau et au savon avant et après chaque manipulation.
Gestion de la douleur : Ce qu’il ne faut pas subir
Une fois la sécurité assurée, parlons qualité de vie. Beaucoup de femmes s’infligent des souffrances inutiles par méconnaissance des mécanismes physiologiques. Voici les erreurs à éviter pour ne pas transformer votre cycle en calvaire.
4. Attendre que la douleur soit insupportable pour se soigner
C’est une erreur de timing très fréquente. On se dit « ça va passer » et on attend d’être pliée en deux pour prendre un cachet. Trop tard.
Les douleurs menstruelles (dysménorrhée) sont causées par les prostaglandines, des composés qui déclenchent les contractions de l’utérus. Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) agissent en bloquant la production de ces prostaglandines. Si vous les prenez dès le tout début de la gêne ou juste avant l’arrivée prévue des règles, vous empêchez le pic de douleur de se former. Une fois la douleur installée, il est beaucoup plus difficile de la faire redescendre.
5. Ignorer une douleur invalidante
« C’est normal d’avoir mal pendant ses règles ». Cette phrase a causé beaucoup de tort. Avoir une gêne est courant, mais être incapable d’aller travailler, vomir de douleur ou s’évanouir ne l’est pas.
Parmi les 10 choses à ne pas faire pendant les règles, la résignation est l’une des pires. Une douleur qui résiste aux antidouleurs classiques peut être le signe d’une endométriose, d’un fibrome ou d’un autre trouble gynécologique. Ne restez pas seule avec votre souffrance : consultez un spécialiste.
6. Appliquer de la chaleur directement sur la peau
La bouillotte est votre meilleure amie, c’est un fait. La chaleur dilate les vaisseaux et détend les muscles utérins. Mais attention à l’application.
La peau du ventre est sensible. Appliquer une source de chaleur intense (bouillotte en caoutchouc ou électrique) directement sur l’épiderme peut causer des brûlures superficielles, voire une « dermite des chaufferettes » (marbrures brunâtres sur la peau) à force de répétition. Utilisez toujours une housse ou placez la bouillotte sur un vêtement (t-shirt ou pull fin).

Alimentation et Mode de Vie : Les facteurs aggravants
Votre utérus n’est pas isolé du reste de votre corps. Ce que vous mangez et buvez influence directement l’intensité de vos crampes et de votre syndrome prémenstruel (SPM).
7. Consommer trop de sel et de sucre raffiné
C’est le paradoxe hormonal : on a envie de chips et de chocolat, alors que ce sont les pires carburants à ce moment précis.
- Le sel : Il favorise la rétention d’eau. Si vous vous sentez déjà ballonnée (parfois, le simple choix de votre pain joue plus que le sel sur le volume abdominal), l’excès de sodium va aggraver cette sensation de lourdeur.
- Le sucre raffiné : Il provoque des pics d’insuline suivis de chutes brutales (hypoglycémie réactionnelle), ce qui accentue l’irritabilité et la fatigue. Privilégiez les sucres complexes ou le chocolat noir à forte teneur en cacao (riche en magnésium).
8. Abuser de la caféine
Le café du matin est sacré pour beaucoup, mais c’est un vasoconstricteur. Concrètement, il peut resserrer les vaisseaux sanguins, y compris ceux qui irriguent l’utérus, ce qui risque d’intensifier les crampes. De plus, si vos règles vous rendent anxieuse ou tendue, l’effet excitant de la caféine ne fera qu’amplifier ce stress nerveux. Essayez de passer au décaféiné ou aux tisanes apaisantes pendant ces quelques jours.
9. Négliger son sommeil
La fatigue abaisse votre seuil de tolérance à la douleur. Une nuit courte ou hachée rendra les crampes du lendemain subjectivement plus intenses et plus difficiles à supporter nerveusement.
Pourtant, la progestérone (qui chute juste avant les règles) et la variation de la température corporelle peuvent perturber vos nuits. Ne luttez pas : si vous êtes fatiguée, couchez-vous plus tôt. Votre corps travaille plus que d’habitude, il a besoin de cette récupération pour gérer l’inflammation.
Les Faux Interdits (Ce que vous NE DEVEZ PAS arrêter de faire)
Pour clore cette liste des 10 choses à ne pas faire pendant les règles, il fallait aborder un point ironique : l’erreur consiste parfois à s’interdire des choses bénéfiques.
10. Arrêter toute activité physique
L’idée qu’il faut rester immobile « pour ne pas se vider » ou « pour se reposer » est tenace. Sauf en cas de douleur extrême, l’arrêt total du sport est contre-productif.
L’activité physique modérée (marche, yoga, natation, vélo doux) active la circulation sanguine dans le petit bassin et libère des endorphines, les antidouleurs naturels de votre corps. Bien entendu, la transpiration demande une certaine vigilance pour éviter tout risque infectieux, mais si vous respectez les bases de l’hygiène, le mouvement reste votre meilleur allié contre la douleur.
Voici un tableau récapitulatif pour distinguer les vrais interdits des mythes sociaux :
| Activité | Verdict Médical | Pourquoi ? |
|---|---|---|
| Se baigner / Nager | ✅ Autorisé | L’eau n’arrête pas les règles, mais la pression réduit l’écoulement visible. Hygiénique avec une protection adaptée. |
| Avoir des rapports sexuels | ✅ Autorisé | Aucun risque médical. L’orgasme peut même soulager les crampes via les contractions utérines. (Attention : grossesse et IST restent possibles). |
| Manger acide / épicé | ✅ Autorisé | Aucune preuve scientifique que cela modifie le flux. Dépend uniquement de votre tolérance digestive personnelle. |
Respecter ces précautions n’a pas pour but de vous contraindre, mais de vous rendre le contrôle de votre cycle. En évitant les risques infectieux majeurs (la règle des 6 heures) et en adaptant légèrement votre hygiène de vie, vous traverserez cette semaine bien plus sereinement.
Retenez surtout que la liste des 10 choses à ne pas faire pendant les règles doit rester une aide, pas une charge mentale supplémentaire. Écoutez votre corps : s’il réclame du repos, donnez-lui. S’il veut bouger, bougez. La seule véritable erreur serait de penser que vous devez subir la douleur en silence.
FAQ (Questions fréquentes)
Est-ce dangereux de prendre un bain pendant ses règles ?
Absolument pas. L’eau chaude aide même à détendre les muscles et réduire les crampes. Assurez-vous simplement que votre baignoire est propre. Si vous craignez les fuites, vous pouvez porter une coupe menstruelle ou un tampon.
Pourquoi a-t-on plus faim pendant les règles ?
C’est une réaction physiologique. Votre métabolisme de base augmente légèrement et les fluctuations de sérotonine (l’hormone de l’humeur) poussent vers les aliments réconfortants (sucrés/gras). C’est normal, mais essayez de privilégier des aliments nutritifs.
Peut-on tomber enceinte pendant ses règles ?
Oui, c’est rare mais possible. Les spermatozoïdes peuvent survivre jusqu’à 5 jours dans l’utérus. Si vous avez un cycle court et que vous ovulez tôt après vos règles, un rapport non protégé pendant les menstruations peut mener à une fécondation.
L’épilation est-elle déconseillée pendant les règles ?
Elle n’est pas « interdite », mais elle sera plus douloureuse. Pendant les menstruations, la peau est plus sensible et les récepteurs de la douleur sont plus actifs. Si vous le pouvez, attendez quelques jours après la fin de votre cycle.

