On pensait que le secret de la longévité résidait uniquement dans l’huile d’olive ou le footing matinal. On avait tort. En cette fin d’année 2025, les démographes français viennent de mettre le doigt sur une anomalie statistique fascinante. Si la France est devenue un eldorado pour les centenaires, ce n’est pas par hasard. Un point commun troublant relie une majorité de nos « super-seniors », et l’explication d’un chercheur de l’Ined pourrait bien bousculer tout ce que l’on croyait savoir sur la génétique de la survie.

Oubliez les États-Unis. Si l’Amérique compte plus de supercentenaires en nombre absolu, c’est bien la France qui domine le classement mondial si l’on rapporte les chiffres à la population. Avec plus de 32 000 centenaires recensés, leur nombre a été multiplié par 30 depuis 1970.
Mais ce n’est pas cette explosion démographique qui intrigue les scientifiques. C’est l’endroit précis où ces records tombent.
L’anomalie géographique : 8 fois plus de chances ici qu’ailleurs
Si vous cherchez la fontaine de jouvence, ne regardez pas vers la Côte d’Azur. Regardez vers l’Outre-mer. Les statistiques sont formelles et implacables : on recense huit fois plus de supercentenaires (personnes de 110 ans et plus) en Guadeloupe et en Martinique qu’en métropole.
La Martinique s’impose d’ailleurs comme la seule « zone bleue » française officielle de la planète, ce label très fermé qui désigne les endroits où l’on vit exceptionnellement vieux, aux côtés d’Okinawa au Japon ou de la Sardaigne en Italie.
Alors, est-ce le soleil ? Le poisson frais ? L’absence de stress ? Pas seulement. Jacques Vallin, chercheur émérite à l’Ined (Institut national d’études démographiques), a avancé une hypothèse qui glace le sang autant qu’elle fascine la science.
L’hypothèse de la « sélection tragique »
Selon ce chercheur, le secret de cette résistance hors norme ne se trouverait pas dans l’assiette, mais dans l’ADN. Et l’origine de cet avantage génétique serait historique et douloureuse.
L’hypothèse est celle d’une sélection naturelle impitoyable causée par l’histoire de l’esclavage. Les conditions de vie et de mortalité effroyables subies par les esclaves sur ces territoires auraient, par la force des choses, sélectionné les organismes les plus robustes.
« Certains gènes favorables à la survie auraient été sélectionnés par la très forte mortalité », explique la théorie relayée par le chercheur. Concrètement, ceux qui ont survécu à l’enfer des plantations ont transmis à leurs descendants, les supercentenaires d’aujourd’hui, un patrimoine génétique d’une résistance exceptionnelle.
Mais la génétique ne fait pas tout !
Faut-il pour autant se résigner si l’on n’a pas ces gènes ? Absolument pas. La science confirme que nos choix quotidiens pèsent lourd dans la balance, surtout après 80 ans.
Une étude majeure publiée récemment montre que pour les octogénaires, adopter un mode de vie sain augmente de 61 % les chances de devenir centenaire. Ce n’est pas de la magie, c’est mathématique. Les chercheurs appellent cela la « compression de morbidité » : les centenaires ne sont pas des surhommes qui n’attrapent jamais de maladies, ce sont des gens qui tombent malades beaucoup plus tard.
Le tiercé gagnant reste accessible à tous : ne pas fumer, faire de l’exercice et manger varié. Il faut aussi protéger son mental : si vous sentez qu’en vieillissant vous avez peur de tout, sachez que ce stress chronique est un ennemi de la longévité tout aussi puissant que la malbouffe.
Le dernier détail qui tue (si vous êtes un homme)
Il reste une dernière injustice face à l’éternité : le genre. Parmi les centenaires français, neuf sur dix sont des femmes.
Pourquoi un tel écart ? Ce n’est pas seulement biologique. Les sociologues pointent du doigt le comportement : les hommes sont statistiquement plus « casse-cous ». Ils négligent les signaux faibles, comme une fréquence cardiaque anormale, là où les femmes consultent plus régulièrement et assurent une meilleure maintenance de leur corps.
La leçon de cette fin 2025 est claire : si l’histoire et la génétique distribuent les cartes de départ, c’est bien votre mode de vie qui décide comment vous jouez la main.

